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Les Cératites du
Muschelkalk Lorrain |
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Pendant
la période du Trias,
débutant l'Ère
Secondaire
de la Terre d'il y a 250 millions d'années, tous les continents
que nous reconnaissons aujourd'hui, étaient unis dans une seule
surface de terre ferme - la
Pangée - traduit simplement "toute la Terre". Dans ce super-continent, il y avait un
golfe immense - la Téthys,
une mer équatoriale chaude dont les restes petits d'aujourd'hui
forment la Mer Méditerranée, la Mer Noire, la Mer
Caspique ainsi que le Lac Balaton en Hongrie. Toutes les autres
côtes de cette immense surface de terre ferme étaient
baignées par la Panthalassa,
le Grand Océan qui couvrait tout le reste de la Planète -
l'Océan Pacifique en étant son successeur.
Pendant
cette période, presque tout de ce qu'est notre Europe centrale
d'aujourd'hui formait un bassin, couvert par une mer peu profonde et
chaude en proximité de la Téthys - comparable à-peu-près,
en plus grande échelle, aux "Étangs" à la
côte méditerranéenne française. Des
bas-fonds compliquaient et empêchaient parfois même
l'échange des eaux entre la Téthys et ce Bassin Germanique - son centre
se trouvait dans l'Allemagne centrale d'aujourd'hui. En fait, il n'y
avait que deux accès à la Téthys pour
les eaux,
la Porte Silesienne (ou
Moravienne) dans l'est, et la Porte Bourguignonne dans le
sud-ouest du bassin. En
cette période, notre région se trouvait seulement
à quelques degrés au nord de l'Équateur, au sud du
Sahara d'aujourd'hui.
Ces
deux portes se fermaient plusieurs fois
même pour
des millions d'années, résultant dans le
déssèchement total du bassin et déposant ainsi les
gisements de sel gemme,
éxploités dans nos jours en Allemagne (Bad Reichenhall,
Bad Friedrichshall, Schwäbisch Hall) et en Lorraine (Château-Salins,
Marsal,
Dieuze).
Le
Muschelkalk (nommé ainsi parce qu'il fut décrit
scientifiquement en Allemagne - on pourrait le traduire comme le
"calcaire coquilier") qui affleure
largement dans toute l'Europe centrale, origine des sédiments de
ce Bassin. Séparés par cette période
de déssèchements temporaires du Bassin, on observe une
division du Muschelkalk en trois
étages principaux:
Le Muschelkalk inférieur qui
se
formait depuis le début de l'innondation du Bassin Germanique
avant 235 milions d'années.
Le Muschelkalk moyen avec ses
gisements de sel gemme, indiquant la période
de déssèchements intermédiares
répétés
du Bassin dûs à la coupure des connexions à
laTéthys.
Le Muschelkalk supérieur
commençant
avec la nouvelle innondation permanente du Bassin.
Avec
le
temps, le Bassin fut comblé de plus en plus avec les
débris de l'érosion continentale. Ainsi se terminait, avant
220 millions d'années,
la période du Muschelkalk avec l'arrivée de conditions de
plus en plus contientales.
Dûes
à la séparation de la Téthys et à
l'échange des eaux difficile, les conditions pour la vie dans
le Bassin n'étaient pas clémentes: Des eaux chaudes,
appauvries d'oxygène, un climat tropical chaud avec des
sévères tempêtes saisonnières, une
salinité changeante et souvent élevée..... Le
meilleur laboratoire donc pour l'évolution de faire preuve de la
force adaptative de la vie à des environnements hostiles en
développant des espèces
endémiques spécialisées à la vie
dans cet endroit.
Et
les plus remarquables parmi eux sont les Cératites, branche des
Ammonoidées endémique au Bassin Germanique.
Invadés au
début du Muschelkalk supérieur par la Porte Bouguignonne dans
un Bassin exempt de concurrents, leurs prédécesseurs de
la
Téthys se développaient vite dans des espèces
spécialisées aux conditions particulières dans le
Bassin. Tandis que leurs confrères dans les grands océans
préféraient les eaux plus profondes, ceux-ci s'adaptaient
aux eaux basses. C'est même dans les régions
côtières du bassin (telles que la Lorraine) où l'on
les retrouve aujourd'hui le plus fréquemment.
Débutant
avec des formes atteignant à peine 10 cm de diamètre, ils
terminaient leur développement avec des formes aplaties
géantes, surpassant facilement plus de 30 - 40 cm de
diamètre (les Discocératites).
Plein de choses sont toujours énigmatiques sur eux, et une
multiplicité confondante d'espèces (plus de 40),
sous-espèces et variétés furent décrites au
fil des années. Une documentation magnifique et actuelle (en
allemand) donne
le "Trias-Verein
Thüringen",
toujours situé au coeur du Bassin Germanqiue en Thuringe en
Allemagne centrale.... ;-)
Dans
notre région, les "couches aux Cératites" dans le
Muschelkalk supérieur affleurent dans l'est de la Lorraine, aux
deux côtés de la frontière franco-allemande et
autour de la vallée de la Sarre (haute
et moyenne),
ainsi que dans la vallée de la Blies (moyenne
et basse)
et ses environs (Bliesgau) dans le pays de la Sarre.
On y peut découvrir les Cératites suivantes,
arrangées selon leur évolution:
(Cliquez
sur les photos pour avoir plus d'informations sur les espèces
individuelles!)
1. Ceratites atavus
2.
Ceratites
pulcher
les
premières Cératites,
pas d'affleurements accessibles
dans notre région
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3.
Ceratites
robustus
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4.
Ceratites
compressus
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5.
Ceratites
evolutus
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6.
Ceratites
muensteri
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7.
Ceratites
spinosus
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8.
Ceratites
posseckeri
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9.
Ceratites
nodosus
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10.
Ceratites
intermedius
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11.
Ceratites
alticella
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12.
Discoceratites
dorsoplanus
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13.
Discoceratites
semipartitus
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Mais
les Cératites n'étaient pas les seuls animaux qui
vivaient dans la Mer Germanique. Ils partageaient leur environnement
avec des coquillages, gastropodes, crabes et homards, lys de mer
(à certains endroits et périodes), poissons, et - avec les premiers sauriens marins!
Voici quelques exemples:

Plagiostoma
(Lima)
striata
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Pemphix
sueri
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Ceresiosaurus
(vertèbre)
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Loxonema obsoleta
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Encrinus liliiformis
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Coenothyris vulgaris
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Tous les
fossiles présentés sur cette page: collection Uli
Siegel,Sarrebruck, excepté Encrinus liliiformis: collection
Gèolor